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IKEA executives questioned over snooping claims

19 Nov

French police are questioning top executives of the Swedish furniture chain IKEA after allegations that the company illegally used police files to spy on staff and customers

Ikea has admitted breaching its own ethical standards after it was accused of obtaining information from police files about its staff and customers.

Ten people, including four police officers, have already been placed under investigation.

The arrests of the chief executive officer of IKEA France, Stefan Vanoverbeke, his predecessor, and the chief financial officer, come after more than a year and a half of investigations.

Police searched the company’s head office outside Paris 11 days ago, at which time the company said it was co-operating with the inquiry.

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Putsch : la Constitution Islandaise rédigée par le peuple a été assassinée par le Parlement

16 Apr

L’Islande a attiré l’attention lorsque, après sa spectaculaire dégringolade en 2008 quand son système bancaire s’est écroulé – causant d’énormes dégâts sur les créanciers étrangers ainsi que sur les habitants de l’île –, elle a tenté de faire face au problème en assignant en justice les banquiers et autres personnes responsables de la faillite du pays. Mais l’île a aussi fait parler d’elle lorsqu’elle a convié le peuple islandais et ses représentants directement élus à rédiger une nouvelle Constitution post-krash qui visait notamment à réduire la probabilité qu’un tel événement se reproduise.

L’auteur de cette initiative – ce qui est tout à son honneur –, c’est le gouvernement post-krash formé en 2009 qui a été mis au pied du mur face à une foule de manifestants venus faire bruyamment résonner leurs poêles et casseroles sur la place du Parlement à Reykjavík. Une Assemblée nationale composée de 950 personnes choisies au hasard dans le registre national a été convoquée. Chaque Islandais âgé de 18 ans ou plus avait la même chance d’être sélectionné et d’obtenir un siège à l’Assemblée. Ensuite, à partir d’une liste de 522 candidats issus de tous les horizons, 25 représentants ont été élus par le peuple pour former une Assemblée constituante dont la mission était de rédiger une nouvelle Constitution rendant compte de la volonté populaire, telle qu’exprimée par l’Assemblée nationale. Croyez-le ou non, la Cour suprême, dont huit des neuf juges de l’époque avaient été nommés par le Parti de l’indépendance qui est à présent considéré comme le principal coupable de la faillite du pays et qui siège dans l’opposition, a annulé l’élection de l’Assemblée constituante pour des motifs peu convaincants, voire illégaux. Du jamais vu ! Le Parlement a alors décide de nommer les 25 candidats qui avaient obtenu le plus de votes pour former un Conseil constitutionnel. Ce Conseil a, pendant quatre mois en 2011 – à l’instar des rédacteurs de la Constitution américaine à Philadelphie en 1787 –, planché sur la rédaction d’un projet de nouvelle Constitution et l’a adopté à l’unanimité. Le projet de loi constitutionnelle stipule, entre autres : (a) la réforme électorale garantissant le « une personne, une voix »; (b) l’appropriation nationale des ressources naturelles; (c) la démocratie directe par le biais de référendums nationaux; (d) la liberté d’information, et (e) la protection de l’environnement, ainsi qu’un nombre de nouvelles dispositions visant à ajouter une couche de freins et contrepoids au système actuel de forme de gouvernement parlementaire semi-présidentiel. Le préambule donne le ton : «Nous, peuple d’Islande, souhaitons créer une société juste offrant les mêmes opportunités à tous.» Le peuple a été invité à contribuer à la rédaction de la Constitution via le site internet du Conseil constitutionnel. Des experts étrangers en constitution, tels le Professeur Jon Elster de l’Université de Columbia et le Professeur Tom Ginsburg de l’Université de Chicago, ont publiquement fait l’éloge du projet de loi et de la façon démocratique dans laquelle il a été rédigé.

Cela dit, il était clair dès le départ que de puissantes forces politiques chercheraient à saper le projet de loi. Tout d’abord, pour de nombreux politiciens, c’est leur prérogative et seulement la leur de réviser la Constitution. Ils voient donc l’Assemblée nationale et le Conseil constitutionnel élus par le peuple et nommés par le Parlement comme des intrus venant piétiner leur territoire. Ensuite, de nombreux responsables politiques s’inquiètent à juste titre de leurs chances de réélection avec la mise en place du système « une personne, une voix ». Aussi, de nombreux politiciens craignent de perdre leur influence à cause du recours plus fréquent aux référendums nationaux, et craignent aussi certaines divulgations avec l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi de liberté d’information. À titre d’exemple, une conversation téléphonique déterminante qui a eu lieu entre le Premier ministre et le gouverneur de la Banque centrale dans les jours précédant le krash de 2008 est encore tenue secrète, même si un comité parlementaire a demandé à entendre son enregistrement. Enfin, dernier point mais non des moindres, de nombreux armateurs n’aiment pas l’idée d’être privés de leur accès privilégié et extrêmement rentable aux zones de pêche de propriété commune. Il existe des documents publics enregistrés après le krash qui attestent que les politiciens et les partis politiques ont été généreusement récompensés par les banques avant le krash. Il ne faut pas être un génie pour comprendre que les armateurs doivent avoir traité de la même manière généreuse les politiciens et partis politiques par le passé, une relation que de nombreux politiciens tiennent clairement à préserver.

En bref, il était clair que dans le cas d’un scrutin secret, le projet de loi constitutionnelle n’aurait jamais eu la chance d’être adopté par le Parlement, même pas après le référendum national sur le projet de loi du 20 Octobre 2012 où 67% des électeurs ont exprimé leur soutien au projet de loi ainsi qu’à ses principales dispositions individuelles, parmi lesquelles l’appropriation nationale des ressources naturelles (83% ont voté Oui), la démocratie directe (73% ont voté Oui), et le « une personne, une voix » (67% ont voté Oui). Mais le Parlement ne procède pas au scrutin secret. En fait, 32 des 63 membres du Parlement ont été entraînés par une campagne de courriels organisée par des citoyens ordinaires pour déclarer qu’ils soutenaient ce projet de loi et qu’ils voulaient l’adopter immédiatement. Cependant, malgré ces déclarations publiques, le projet de loi n’a pas été soumis à un vote au Parlement. Odieuse trahison, et probablement aussi acte illégal commis en toute impunité par le président du Parlement. Au contraire, le Parlement a décidé de ne pas respecter sa propre volonté déclarée publiquement ainsi que la volonté du peuple telle qu’exprimée dans le référendum national : il a mis le projet de loi au frigo, et pour couronner le tout, il a demandé à la hâte les 2/3 du Parlement ainsi que 40% du vote populaire pour adopter toute modification de la Constitution dans le prochain Parlement. Cela veut dire qu’au moins 80% de participation aux urnes serait nécessaire pour qu’une réforme constitutionnelle soit acceptée lors de la prochaine session du Parlement. Les hommes politiques n’ont apparemment pas prêté attention au fait qu’avec de telles règles, la séparation de l’Islande du Danemark n’aurait pas été acceptée lors du référendum de 1918. Dans la pratique, cela signifie que nous sommes de retour à la case départ comme cela était voulu par les ennemis de la nouvelle Constitution. Il y a peu d’espoir que le nouveau Parlement respectera la volonté du peuple si le Parlement sortant a échoué à le faire en dépit de ses promesses. Dans son discours d’adieu, le Premier ministre sortant, Jóhanna Sigurðardóttir, a déclaré que c’était le jour le plus triste de ses 35 années au Parlement.

Cette dernière a été gracieusement traduite de l’anglais vers le français par Jessica Devergnies-Wastraete (jessica.devergnies@gmail.com). Thorvaldur Gylfason a été membre élu (puis désigné par le Parlement) de l’Assemblée Constituante chargée de rédiger une nouvelle Constitution pour le pays. Il est Professeur d’Economie de l’Université d’Islande.

via Vivre en Islande.

Comment les USA ont préparé la « Révolution Twitter » en Moldavie

15 Apr

Il y a tout juste quatre ans, des milliers de jeunes Moldaves étaient dans la rue pour contester la victoire des Communistes aux élections. Ces protestations furent présentées comme un nouvel épisode des « révolutions colorées » qui, depuis une dizaine d’années, balayaient en Europe de l’Est une série de régimes jugés « non démocratiques ». Des révolutions dont le terrain avait à chaque fois été préparé par les Etats-Unis en coulisses, et qui n’avaient en fait rien de spontané. Une situation à laquelle n’échappe pas la Moldavie, pays situé aux confins de l’Europe et de la Russie.

Au moment des événements d’avril 2009, la Moldavie était dirigée depuis une dizaine d’années par le Parti des Communistes, qui semblait prédisposé à remporter une nouvelle fois les élections. Ce parti, largement acquis à l’économie de marché, menait une politique jugée trop indépendante par Washington. Sous sa direction, la Moldavie refusait de rejoindre l’OTAN, entretenait de forts liens avec la Russie et, selon la Fondation Soros, se limitait à une « européanisation de façade ». Aussi les Etats-Unis préféraient-ils mettre à la tête du pays l’Alliance pour l’Intégration Européenne (AIE), une coalition de partis de droite qui leur étaient davantage soumis.

Plus d’un an avant le scrutin, l’ambassadeur US organisa une réunion pour « discuter de l’aide du gouvernement US en prévision des élections parlementaires de 2009 ». Etaient présents six membres éminents de l’USAID, dont les dirigeants de la Fondation Eurasia, d’IREX, de l’Institut démocratique international (NDI) et l’Institut républicain international (IRI). Après avoir reconnu que « les élections nationales de 2009 seraient âprement disputées » et que «  le parti au pouvoir serait tenté d’utiliser tous les moyens pour rester en place », ils convinrent d’une série de mesures pour « préparer » ces élections. Ces mesures visaient soit à favoriser les partis de l’opposition (aider à la création d’une coalition, déterminer les préférences des électeurs indécis, créer des sections locales, etc.) soit à former des observateurs en vue de « superviser » le scrutin. L’ambassadeur s’engagea à prendre en main la coordination de toute l’assistance et promit d’offrir des bourses aux ONG dont les activités iraient dans le même sens.

Les organisations US se mirent au travail au cours des mois suivants. IREX lança avec le soutien de l’USAID la campagne « Hai la vot ! » (« Allons voter ! »), destinée à récolter les voix des indécis et des abstentionnistes. Une camionnette remplie de jeunes activistes se mit à sillonner les routes de Moldavie pour convaincre les gens de se rendre aux urnes et, surtout, de voter de façon « réfléchie ». Présentée comme non partisane, cette campagne ciblait en priorité les jeunes, base électorale de l’Alliance pour l’Intégration Européenne. Les partis de l’opposition eurent également droit à des formations. C’est ainsi que, dans un entretien privé survenu quelques mois après le scrutin, le président du Parti libéral remerciapersonnellement l’ambassadeur US pour l’assistance dont son équipe avait bénéficié, en particulier de la part de l’Institut démocratique international et de l’Institut républicain international.

Cependant, comme une nouvelle victoire des Communistes était plus que probable, c’est dans la « surveillance » du processus électoral que les Etats-Unis investirent l’essentiel de leurs forces. Le but n’était pas tant de vérifier la validité du scrutin que de chercher la faute à tout prix. De la sorte, ils espéraient favoriser le déclenchement d’une « révolution colorée » telle que celles survenues avec leur soutien en Ukraine, en Géorgie et au Kirghizistan. En juillet 2008, un ancien membre de l’Institut républicain international dénonça dans la presse la préparation d’une telle révolution avec l’aide de l’USAID, de l’IRI et du NDI, ce qui sema un certain trouble au sein de l’ambassade américaine. Les organisations US purent néanmoins continuer leur travail normalement.

Une véritable armée d’observateurs, la « Coalition civique 2009 », fut mise sur pied avec lesoutien de la NED, de l’USAID et de la Fondation Eurasia. Cette coalition, dirigée par neuf organisations toutes financées par Washington, réunissait au total 70 ONG. Elle prévoyait de faire surveiller le déroulement des élections par 2000 observateurs et de tenir l’opinion publique au courant en direct des irrégularités constatées. Les USA dépêchèrent également en Moldavie des dizaines d’observateurs internationaux choisis par l’USAID, dont un grand nombre furent refoulés à la frontière en raison de leur implication dans les révolutions ukrainienne et kirghize.

Le 5 avril, jour du vote, les 2000 observateurs de la Coalition s’activèrent. Quatrecommuniqués de presse furent successivement publiés, répertoriant les moindres irrégularités constatées. S’ils n’incriminaient pas seulement le Parti des Communistes, ces communiqués dressaient toutefois un état des lieux globalement négatif, jetant le discrédit sur la validité du scrutin. Le 7 avril, alors que les premiers résultats donnaient le Parti des Communistes vainqueur, un nouveau communiqué fut publié qualifiant les élections de ni « équitables  », ni «  libres dans leur ensemble ». Aucune des critiques concernant les partis de l’opposition n’était reprise, seules restaient celles accusant les Communistes. Ce communiqué fut largement diffusé par l’ensemble des médias soutenant l’Alliance et circula sur les réseaux sociaux.

En réaction aux soupçons de fraudes véhiculés par les médias, des milliers de jeunes Moldaves descendirent dans la rue pour appeler à la tenue de nouvelles élections. La mobilisation se fit essentiellement via Facebook et Twitter. Les manifestants se rassemblèrent devant le Parlement qu’une minorité se mit à saccager. Parmi les casseurs, on retrouvait des nationalistes pro-roumains et des membres bien connus d’organisations d’extrême droite comme Noua Dreapta. Ceux-ci cherchaient visiblement à provoquer les forces de l’ordre pour attiser la colère des protestataires. Ces agitations n’aboutirent cependant pas et il n’y eut au final de « révolution » que le nom. Après un recomptage des voix, le Parti des Communistes fut à nouveau proclamé vainqueur. De son côté, une mission d’observation menée par l’OSCE, l’Union Européenne et le Conseil de l’Europe conclut que les élections s’étaient déroulées de manière globalement satisfaisante et sans incidents majeurs, enlevant à l’opposition son principal motif de contestation.


Ce n’est qu’après la tenue d’élections anticipées en 2010 – sans lien avec les événements de 2009 – que le camp pro-occidental parvint finalement à la tête du pays, au terme d’une campagne où il fut encore une fois bien aidé par les USA. En visite sur place l’année suivante, le vice-président US Joe Biden ne put cacher sa joie  : « C’est vraiment un privilège d’être ici à ce moment déterminant de votre histoire », s’exclama-t-il. « La liberté est dans les airs ! ». Puis, déclarant que la Moldavie était en bonne voie mais avait encore du chemin à faire, il ajouta : « nous resterons à vos côtés jusqu’à ce que le travail soit terminé !  » Un beau gage de liberté, à n’en pas douter.

Source : michelcollon.info

Mali : Exécutions des militaires maliens : l’urgence d’une commission d’enquête indépendante

24 Jan

La FIDH est fortement préoccupée par la multiplication des exécutions sommaires et autres violations des droits humains commises par des soldats maliens, dans le contexte de la contre-offensive menée par les armées française et malienne contre les djihadistes, et appelle à la mise en place immédiate d’une commission d’enquête indépendante afin d’établir l’ampleur des faits et sanctionner les auteurs.

La FIDH a pu établir qu’une série d’exécutions sommaires a été perpétrée par des éléments des forces armées maliennes, à partir du jeudi 10 janvier 2013, particulièrement à Sévaré, Mopti, Niono et d’autres localités situées dans les zones d’affrontements. A Sévaré, au moins 11 personnes ont été exécutées dans le camp militaire, à proximité de la gare routière, et près de l’hôpital. Des informations crédibles font état d’une vingtaine d’autres cas d’exécutions dans la même localité où les corps auraient été enterrés en toute hâte notamment dans des puits. Dans la région de Niono, deux maliens d’origine touareg ont été exécutés par des soldats maliens. D’autres allégations d’exécutions sommaires continuent de nous parvenir du centre du pays.

Par ailleurs, la FIDH fait état de l’enlèvement de l’imam Cheik Hama Alourou par des militaires maliens le 21 janvier au soir, à Gnimi Gnama, un village entre Bore et Douentza. A Bamako, une dizaine d’habitations de touaregs ont fait l’objet de perquisitions par l’armée malienne dans la semaine du 14 janvier, émaillées d’actes de pillages et d’intimidations.

Les victimes de l’ensemble de ces exactions sont des personnes accusées d’être complices des djihadistes ou des infiltrés, des personnes en possession d’armes, des individus ne pouvant justifier de leur identité lors de contrôles de l’armée, ou ciblés simplement en raison de leur appartenance ethnique et communément appelés les « peaux claires ».

« Cette série de graves exactions confirme nos craintes exprimées depuis plusieurs semaines. Ces actes de représailles alliés à la tension extrême entre les communautés constituent un cocktail explosif qui fait craindre le pire, notamment dans la perspective de la reconquête du Nord », a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

Si les autorités politiques et militaires maliennes et françaises ont appelé de façon répétée au respect du droit international humanitaire et des droits de l’Homme dans le cadre de la contre-offensive, notre organisation est préoccupée par l’absence d’enquêtes et d’informations publiques concernant ces violations, les difficultés d’accès aux zones dans lesquelles les exactions se sont déroulées et l’absence de sanctions contre leurs auteurs.

« Ces exactions entachent la légitimité de l’opération de restauration de l’intégrité du territoire et doivent faire l’objet de poursuites par la justice nationale et, le cas échéant, par la Cour pénale internationale qui a ouvert une enquête le 16 janvier sur la situation au Mali », a déclaré Sidiki Kaba, président d’honneur de la FIDH.

La FIDH appelle les autorités maliennes, françaises et la communauté internationale à immédiatement mettre en place une commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur les graves violations du droit international humanitaire et des droits de l’Homme commises par l’ensemble des belligérants dans le cadre du conflit au Mali, y compris les exactions des groupes armées au Nord du pays sur lesquelles notre organisation publiera des informations prochainement.

La FIDH appelle à la mise en œuvre urgente du volet de formation aux droits de l’Homme des forces armées et des mécanismes spécifiques de documentation et de protection en matière de droits de l’Homme prévus par la Résolution 2085 du Conseil de sécurité des Nations unies.

FIDH.

Récit dune semaine noire pour l’information au Mali

18 Jun

Reporters sans frontières dénonce la lente descente aux enfers de la liberté de l’information au Mali. En l’espace d’une semaine, un journaliste a été arrêté pour la seconde fois en un mois, une interview d’un chef touareg n’a pas pu être diffusée, les locaux d’une chaîne de télévision ont subi une descente de militaires, et enfin une journaliste française a été empêchée de se rendre dans le nord du pays.

“Nous appelons à une mobilisation générale, de la communauté internationale comme des journalistes maliens, pour obtenir de la Sécurité d’Etat la libération immédiate et inconditionnelle de Habi Baby”, a déclaré Reporters sans frontières.

“La semaine écoulée a confirmé une tendance observée depuis le coup d’Etat du 22 mars : l’information compte parmi les victimes du putsch et du chaos dans lequel est plongé le pays. Pendant que la crise politique perdure, une situation singulière s’enracine : celle de faire entrave aux enquêtes des journalistes, de définir des lignes rouges et des sujets tabous, de fermer des zones entières du territoire aux reporters. L’armée malienne est devenue une ennemie de la liberté de l’information”, a conclu l’organisation, qui exhorte la CEDEAO etl’Union africaine à prendre la mesure de la dégradation des conditions de travail des journalistes dans ce pays hier modèle en la matière.

Le journaliste Habi Baby arrêté pour la seconde fois en un mois

Un mois jour pour jour après son arrestation par la Sécurité d’Etat, le directeur de publication du journal Caravane, Habi Baby, a une nouvelle fois été appréhendé par des militaires, venus le chercher directement à son domicile de Bamako, le 12 juin 2012, vers 20 h 30. Le journaliste a été conduit dans un lieu tenu secret.

Dans un article publié la veille dans le mensuel Aujourd’hui-la résistance, le journaliste racontait en détails les circonstances de sa précédente arrestation par la Sécurité d’Etat, les services secrets maliens. Selon lui, les agents de sécurité le suspectaient d’avoir été “promu ministre de l’Azawad”, territoire du nord Mali actuellement occupé par différents groupes rebelles. Des allégations que le journaliste qualifie de “fausses”, et échafaudées en raison de ses origines arabes.

Le journaliste Habi Baby

Après avoir critiqué fermement l’action des services de renseignement, son article s’achevait sur la dénonciation des conditions de détention des prisonniers : “Il faut qu’on en parle : il se passe des choses horribles dans ces locaux secrets ; ces cellules isolées ; ces couloirs sombres et effrayants dans lesquels on entend que des cris abominables, des appels au secours”.

Une émission de la chaîne privée Africable TV censurée

Le 12 juin, alors qu’Africable TV prévoyait de diffuser une interview exclusive, une trentaine d’hommes en uniformes ont fait irruption au siège la chaîne de télévision privée, à Bamako, vers 13 heures.

Les éléments armés ont empêché les journalistes présents de diffuser l’entretien réalisé par le journaliste Abdoulaye Barry avec Mohamed Lemine Ould Ahmed, le secrétaire général adjoint du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA), organisation qui aspire à l’autonomie du Nord Mali. Cet entretien, réalisé en Mauritanie en marge d’une rencontre politique du MNLA, devait être diffusé à 20 h 30, au cours de l’émission “Champ contre Champ”.

“Il s’agissait d’une menace très claire à notre égard : les militaires nous ont reproché de les prendre régulièrement à partie dans nos émissions, alors qu’ils ne sont qu’un aspect de la vie politique et institutionnelle malienne”, a confié à Reporters sans frontières, le directeur de l’information de la chaîne, Sékou Tangara.

“Le débat du dimanche” une émission qui invite des personnalités politiques de différents courants à débattre sur l’actualité, a également été la cible des incriminations des hommes armés. Selon différentes sources, cette agression contre le média panafricain proviendrait des milieux putschistes qui, malgré leur abandon du pouvoir mi-avril, restent très influents à Bamako.

La direction d’Africable TV a décidé de ne pas diffuser l’entretien avec le responsable du MNLA afin “d’éviter tout risque inutile en exposant les confrères”. “Nous devons céder à leurs exigences le temps que la crise dure”, a ajouté Sékou Tangara.

Reporters sans frontières s’inquiète du sort de l’auteur de l’interview, Abdoulaye Barry, contraint de vivre dans la clandestinité, selon l’Agence France-Presse, en raison des recherches menées par les militaires.

Depuis le renversement du président de la République Amadou Toumani Touré, fin mars dernier, c’est la troisième fois que des militaires effectuent une descente dans les locaux de la chaîne pour imposer leur exigence au détriment de la liberté de la presse.

Liseron Boudoul, journaliste de TF1, interceptée à 480 km de Bamako

Cette semaine noire pour la liberté de l’information au Mali avait commencé par l’interpellation de la journaliste de la chaîne de télévision privée TF1, Liseron Boudoul. Au cours du week-end du 10 juin 2012, celle-ci a été empêchée de se rendre dans le ord du Mali “pour des raisons de sécurité”, avant d’être rapatriée vers Bamako pour rejoindre la France.

“Nos services ont stoppé Mme Liseron Boudoul à San (480 km au nord de Bamako). Elle a déclaré qu’elle allait dans un camp de réfugiés. Mais pour nous, elle allait dans le Nord aux mains des groupes armés. Nos agents ont refoulé la journaliste à Bamako contre son gré. Elle a été entendue et elle est rentrée en France dimanche soir”, a indiqué à l’Agence France-Presse un responsable de la police malienne.

Selon la direction de TF1, la journaliste se rendait au Mali pour réaliser plusieurs reportages sur les camps de réfugiés et l’aide humanitaire.

Lire les précédents communiqués de Reporters sans frontières sur le Mali :

Reporters sans frontières.

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